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Christiane Taubira a-t-elle fait perdre la gauche à la présidentielle de 2002 ? (Le récit)

[vc_row][vc_column][vc_empty_space height= »30px »][mkdf_section_title position= » » show_separator= »no » title_tag= »h4″ disable_break_words= »no » title= »Juin 1997, » title_color= »#0735be »][vc_column_text]La gauche remporte les élections législatives grâce à une coalition de « gauche plurielle » qui rassemble :

– Le parti socialiste (PS)

– Le parti communiste français (PCF)

– Le parti radical de gauche (PRG)

– Le mouvement des citoyens (MDC)

– Les Verts

Mais cette gauche plurielle n’est, en réalité, qu’un accord électoral. Confronté à l’exercice du pouvoir, nul ne renonce à ses spécificités ni à la critique de ses partenaires, parfois au mépris de la solidarité ministérielle. Ces tiraillements obligent les socialistes à se placer en position d’arbitre entre les composantes de la majorité.[/vc_column_text][vc_empty_space height= »30px »][mkdf_section_title position= » » show_separator= »no » title_tag= »h4″ disable_break_words= »no » title= »Dès 2000, » title_color= »#0735be »][vc_column_text]La députée Christiane Taubira, bien qu’inscrite au groupe socialiste de
l’Assemblée nationale, ne vote plus les lois Jospin, en raison de désaccords de fond, comme les lois Chevènement et les restrictions de libertés individuelles.[/vc_column_text][vc_empty_space height= »30px »][mkdf_section_title position= » » show_separator= »no » title_tag= »h4″ disable_break_words= »no » title= »En 2001, » title_color= »#0735be »][vc_column_text]À un an de l’élection présidentielle, la gauche plurielle multiplie les
déclarations de candidatures. Fin juin, mis en garde par Jean-Michel Baylet, le
président du PRG, Lionel Jospin assume : « il est légitime que les composantes de la majorité s’expriment dans cette campagne à travers un candidat » ; là n’est « pas le souci » ; tous seront réunis « pour le second tour ».

Le PRG, de son côté, propose à Taubira d’être sa candidate. Elle refuse d’abord deux fois, puis accepte courant novembre. Avant de l’officialiser, elle en parle à François Hollande, premier secrétaire du PS, qui lui dit : « On sait que tu ramènes des voix qu’on n’aurait pas autrement« . Soucieux que Jospin atteigne « la barre psychologique des 20%« , Hollande propose à Taubira de refaire le point en février 2002.[/vc_column_text][vc_empty_space height= »30px »][mkdf_section_title position= » » show_separator= »no » title_tag= »h4″ disable_break_words= »no » title= »Le 1er décembre 2001, » title_color= »#0735be »][vc_column_text css= ».vc_custom_1629256128140{margin-top: -6px !important;} »]Christiane Taubira est investie candidate par 81 % des radicaux de gauche. Mais la campagne est difficile, Taubira a du mal à s’imposer et les sondages ne décollent pas,

A partir de ce moment-là, Taubira dit ne plus avoir eu de contact avec le PS, et que « tout s’est fait dans mon dos« . Au PRG, Baylet fait tout pour la pousser à l’abandon,
charge quelques barons du PRG de la « flinguer« , et négocie dans son dos des
portefeuilles ministériels avec le PS (« Entre Baylet et l’entourage de Jospin, c’était un peu une
politique de barons » C. Taubira dans Mediapart en 2010). Taubira résiste et refuse les
arrangements : « Vous êtes venus me chercher. J’irai jusqu’au bout.« [/vc_column_text][vc_empty_space height= »30px »][mkdf_section_title position= » » show_separator= »no » title_tag= »h4″ disable_break_words= »no » title= »Le 16 mars 2002, » title_color= »#0735be »][vc_column_text css= ».vc_custom_1629256155701{margin-top: -6px !important;} »]Des intellectuels des DOM-TOM signent un texte dénonçant les « manœuvres socialistes » visant à faire taire la voix de l’outre-mer.

Taubira l’assure : personne ne lui a jamais proposé de discussions programmatiques. « Si on m’avait dit qu’il y avait un risque, si on avait discuté et si on m’avait convaincue, j’aurais pu me retirer pour faire une campagne active aux côtés de Jospin » (C. Taubira dans Mediapart en 2010).

Jacques Séguéla et Bernard Tapie ont raconté que, peu avant l’élection, Taubira aurait fait savoir qu’elle était prête à se retirer en faveur de Jospin, sous deux conditions : que Jospin le lui demande en personne et que le PS prenne en charge les frais de campagne engagés par le PRG. Une rencontre devait être organisée mais Jospin ne la rappellera pas.[/vc_column_text][vc_empty_space height= »30px »][mkdf_section_title position= » » show_separator= »no » title_tag= »h4″ disable_break_words= »no » title= »A l’approche du scrutin, » title_color= »#0735be »][vc_column_text css= ».vc_custom_1629256187380{padding-top: 8px !important;} »]Ce ne sont pas moins de 16 personnalités qui sont candidates à la présidence de la République, un record sous la Vème République. Dans tous les camps, l’heure est à la division :

3 candidat-e-s à l’extrême gauche, 5 à gauche (PS, PCF, MDC, Verts, PRG), 2 au centre, 4 à droite, et 2 à l’extrême droite.[/vc_column_text][vc_empty_space height= »30px »][mkdf_section_title position= » » show_separator= »no » title_tag= »h4″ disable_break_words= »no » title= »3 jours avant le vote, » title_color= »#0735be »][vc_column_text css= ».vc_custom_1629256213550{padding-top: 8px !important;} »]Les sondages donnent Chirac à 19,5 %, Jospin à 18 %, Le Pen à 14 %, et, pour la gauche plurielle :
J-P. Chevènement (MDC) à 6 % (voir son spot)
N. Mamère (Verts) à 5,5 % (voir son spot)
R. Hue (PCF) à 5 % (voir son spot)
C. Taubira (PRG) à 2 % (voir son spot)[/vc_column_text][vc_empty_space height= »30px »][mkdf_section_title position= » » show_separator= »no » title_tag= »h4″ disable_break_words= »no » title= »Le 21 avril 2002, » title_color= »#0735be »][vc_column_text css= ».vc_custom_1629256254996{padding-top: 8px !important;} »]À la surprise générale, le PS est battu par le FN dès le 1er tour. Chirac obtient 19,88 %, Le Pen 16,86 %, Jospin 16,18 % et, pour la gauche plurielle :

J-P. Chevènement (MDC) : 5,33 %
N. Mamère (Verts) : 5,25 %
R. Hue (PCF) : 3,37 %
C. Taubira (PRG) : 2,32 %.[/vc_column_text][vc_column_text css= ».vc_custom_1629252719618{padding-top: 8px !important;} »]Immédiatement, Jospin cible « la dispersion de la gauche« . Compte tenu du faible écart de voix entre le PS et le FN, du faible score de Taubira, et de son entêtement à ne pas se rallier à Jospin avant le 1er tour, le PS accuse le PRG d’avoir fait perdre la gauche. Taubira réplique: «Ce serait traiter les électeurs de façon bien frivole, bien méprisante et bien irresponsable. J’ai fait une campagne claire, sur des positionnements sans ambiguïté, avec un programme précis. »[/vc_column_text][vc_empty_space height= »30px »][mkdf_section_title position= » » show_separator= »no » title_tag= »h4″ disable_break_words= »no » title= »Après l’élection, » title_color= »#0735be »][vc_column_text css= ».vc_custom_1629258503482{padding-top: 8px !important;} »]Jospin assure à Taubira : « Je ne t’ai jamais accusée de m’avoir fait perdre« . Elle lui rétorque : « Pratiquement tous tes lieutenants m’ont accusée et tu n’as jamais élevé la voix pour les faire taire« .

Encore aujourd’hui, Taubira balaie les critiques : « Tout de même, comme candidats à gauche, il y avait en plus de Jospin, Jean-Pierre Chevènement, Noël Mamère, Robert Hue et moi. Et je serais la seule à avoir posé problème, la seule coupable, la seule responsable de la défaite de la gauche ? Peut-être la seule femme, et peut-être pas de la bonne couleur… En tout cas, la seule à ne pas avoir cogné sur le PS. »
A bien y regarder, Taubira n’a pas fait perdre Jospin : en effet, elle obtient exactement le score que lui prédisaient les sondages, lesquels assuraient à Jospin d’être au 2nd tour.
A quel moment de la campagne Jospin a qualifié la candidature Taubira de risque pour la gauche ? Plutôt que de ménager ses alliés et de ne pas appeler franchement au vote utile, « Jospin aurait-il pu obtenir le désistement de Taubira, avec un peu plus de détermination ? » s’interroge Libération.[/vc_column_text][vc_column_text css= ».vc_custom_1629253551342{padding-top: 8px !important;} »]Jospin était sûr d’être qualifié, même sans elle : quatre jours avant le vote, il jugeait, dans un éclat de rire devenu célèbre, l’hypothèse de sa non-qualification au 2nd tour comme « assez peu vraisemblable« .

Mais une fois battu, Jospin change de ton. En janvier 2003, il rédige une tribune dans Le Monde dans laquelle, tout en reconnaissant qu’il avait « accepté la multiplicité des candidatures », il accuse la gauche plurielle de l’avoir fait perdre : « Sans candidat MDC et PRG, l’issue du premier tour était différente et la face de l’élection présidentielle était changée. »

En réalité, les 2 points que Jospin perd (par rapport aux derniers sondages) sont
récupérés… par le FN. Le thème de l’insécurité a dominé la campagne, jusqu’à
l’hypermédiatisation d’un sexagénaire agressé trois jours avant le scrutin ; et Jospin a raté sa campagne par une mauvaise communication et un positionnement ambigu. Notons que la gauche plurielle (MDC, Verts, PCF, PRG) cumule 16,27 % des voix, soit plus que Jospin lui-même 16,18 %. Une déroute…

« J’ai surestimé le rejet de Jacques Chirac, j’ai surestimé la perception positive de mon bilan. J’ai sous-estimé l’impact qu’avait la division de la gauche, j’ai sous-estimé le premier tour » (Jospin en 2010). Dont acte.[/vc_column_text][vc_column_text css= ».vc_custom_1629257125020{padding-top: 8px !important;} »]

Autres sources : Ina, Le Parisien, (image) Libération, Mediapart, On n’est pas couché (à 14 min), Wikipédia, Zadig (déc. 2020)

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